Les deux moines et la femme au bord de la rivière

En m’observant ainsi que les gens autour de moi, je me suis rendu compte de la rapidité avec laquelle nous jugeons les autres / des comportements / des décisions / des attitudes, etc., en utilisant des mesures qui pourraient être injustes compte tenu de la situation. J’ai également observé comment notre esprit est infesté de pensées ou de souvenirs récurrents d’événements ou d’incidents qui appartiennent au passé et n’ont aucune importance dans le présent. Nous avons tendance à oublier que « ce qui est fait est fait » ou que « vous ne pouvez pas pleurer sur du lait renversé ».

Juste l’autre jour, j’ai été témoin de la même chose et cela m’a incité à partager encore une histoire avec vous. L’histoire des deux moines et de la jeune femme au bord de la rivière :

Il était une fois deux moines, un vieux maître et son jeune disciple, qui traversaient la forêt. Leur ordre était strict et ils avaient fait vœu de ne parler qu’entre eux lorsque c’était absolument nécessaire et de ne jamais parler à une femme, et encore moins de la toucher.

Alors qu’ils marchaient dans la forêt en silence, ils atteignirent une rivière qu’ils devaient traverser. Là, ils ont entendu des sanglots et ont vu une jeune femme dans une belle robe rouge pleurer assise sur un rocher.

Le vieux maître lui a demandé : « Qu’est-ce qui ne va pas mon enfant ? Pourquoi pleures-tu ? »

La jeune femme a répondu : « Je suis désespérée, mon père, parce que mon fiancé m’attend dans son village de l’autre côté de la rivière mais à cause de la pluie d’hier soir, la rivière est profonde et le courant fort. Je ne sais pas nager. Je crains que j’aille me noyer. Mais si je rate notre rendez-vous, je suis sûre que mon fiancé va penser que je ne l’aime plus. J’ai peur qu’il puisse annuler notre mariage. Que dois-je faire ? »

Le vieux moine, sans aucune hésitation, lui dit: « Monte sur mon dos mon enfant! Je vais te faire traverser la rivière. »

Il est entré dans la rivière avec la jeune femme sur le dos et a signé à son disciple pour afin qu’il le suive. Quand ils sont arrivés de l’autre côté, la jeune femme l’a remercié et s’est rendu au village voisin et les deux moines ont continué leur voyage.

Ils marchaient côte à côte, en silence comme d’habitude. Près de deux heures plus tard, le jeune moine, évidement en colère, a rompu le silence et a dit: « Je ne peux pas croire que vous ayez fait ça! Non seulement vous avez parlé à une femme mais vous l’avez également prise sur votre dos pendant plusieurs minutes. Comment avez-vous pu faire ça ? Comment pouvez-vous m’apprendre quelque chose? N’avez-vous pas de respect pour les règles ? »

Le vieux moine répondit nonchalamment : « Je l’ai prise sur mon dos pendant quelques minutes pour aider un autre être humain souffrant. Quand ma “mission” a été terminée, je l’ai déposée au sol et je suis repartie. Mais ce que je peux observer, c’est que toi, tu continues à la porter sur tes épaules… »

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