L’histoire du pauvre paysan chinois et de son cheval blanc par Lao Tseu

Parfois, quand je reçois de “mauvaises nouvelles”, après un échec ou quand les choses ne se passent pas comme prévu (en disant “prévu”, je veux dire comme ma logique avec sa perception limitée du monde croit qu’ils doivent se passer) je passe en mode “Quel désastre!” Je m’inquiète et je fais des nuits blanches en pensant à ce que j’aurais pu faire pour éviter “le désastre” ou pour “atteindre mon objectif”. En conséquence, je perds le contact avec ma voix intérieure, avec ma sagesse intérieure, avec cette connaissance innée que tout se passe comme il faut qu’il se passe, ce qui est ma philosophie de vie. Qu’est-ce qui m’aide à sortir de ce cercle vicieux de scénarios catastrophiques qui assombrissent davantage mon jugement et me font prendre des décisions qui ne sont pas en accord avec ma vraie nature? Je pense à l’histoire suivante qui m’aide à entendre à nouveau ma voix intérieure et qui rétablit ma foi en l’univers:

 

Un pauvre chinois suscitait la jalousie des plus riches du pays parce qu’il possédait un cheval blanc extraordinaire. Chaque fois qu’on lui proposait une fortune pour l’animal, le vieillard répondait :

– « Ce cheval est beaucoup plus qu’un animal pour moi, c’est un ami, je ne peux pas le vendre. »

Un jour, le cheval disparut. Les voisins rassemblés devant l’étable vide donnèrent leur opinion :

– « Pauvre idiot, il était prévisible qu’on te volerait cette bête. Pourquoi ne l’as-tu pas vendue ? Quel Malheur ! »

Le paysan se montra plus circonspect :

« N’exagérons rien dit-il. Disons que le cheval ne se trouve plus dans l’étable. C’est un fait. Tout le reste n’est qu’une appréciation de votre part. Comment savoir si c’est un bonheur ou un malheur ? Nous ne connaissons qu’un fragment de l’histoire. Qui sait ce qu’il adviendra ? »

Les gens se moquèrent du vieil homme. Ils le considéraient depuis longtemps comme un simple d’esprit. Quinze jours plus tard, le cheval blanc revint. Il n’avait pas été volé, il s’était tout simplement mis au vert et ramenait une douzaine de chevaux sauvages de son escapade. Les villageois s’attroupèrent de nouveau :

– « Tu avais raison, ce n’était pas un malheur mais une bénédiction. »

« Je n’irais pas jusque là, fit le paysan. Contentons-nous de dire que le cheval blanc est revenu. Comment savoir si c’est une chance ou une malchance ? Ce n’est qu’un épisode. Peut-on connaître le contenu d’un livre en ne lisant qu’une phrase ? »

Les villageois se dispersèrent, convaincus que le vieil homme déraisonnait. Recevoir douze beaux chevaux était indubitablement un cadeau du ciel, qui pouvait le nier ?

Le fils du paysan entreprit le dressage des chevaux sauvages. L’un d’eux le jeta à terre et le piétina. Les villageois vinrent une fois de plus donner leur avis :

– « Pauvre ami ! Tu avais raison, ces chevaux sauvages ne t’ont pas porté chance. Voici que ton fils unique est estropié. Qui donc t’aidera dans tes vieux jours ? Tu es vraiment à plaindre. »

« Voyons, rétorqua le paysan, n’allez pas si vite. Mon fils a perdu l’usage de ses jambes, c’est tout. Qui dira ce que cela nous aura apporté ? La vie se présente par petits bouts, nul ne peut prédire l’avenir. »

Quelque temps plus tard, la guerre éclata et tous les jeunes gens du village furent enrôlés dans l’armée, sauf l’invalide.

– « Vieil homme, se lamentèrent les villageois, tu avais raison, ton fils ne peut plus marcher, mais il reste auprès de toi tandis que nos fils vont se faire tuer. »

« Je vous en prie, » répondit le paysan, « ne jugez pas hâtivement. Vos jeunes sont enrôlés dans l’armée, le mien reste à la maison, c’est tout ce que nous puissions dire. Dieu seul sait si c’est un bien ou un mal. »

 

Comment pouvons-nous savoir en effet?

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  1. […] fin heureuse ? Qui, parmi nous, peut prédire si une fin est heureuse ou malheureuse ? (Cliquez ici pour lire l’histoire du fermier chinois, si vous ne l’avez pas déjà […]

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