La première règle pour une communication efficace

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Connaissance de Soi Gestion de la Colère Relations Non classifié(e)

La première règle pour une communication efficace

Pour une communication efficace on a besoin de quelques compétences à condition que l’on respecte certaines règles.

Je ne veux pas les aborder tous dans le blog d’aujourd’hui. Motivée par un schéma de comportement répétitif que je repère chez de nombreuses personnes que j’accompagne en tant que coach de vie, je voudrais me concentrer sur ce que je considère comme la toute première règle à respecter pour se plaindre à quelqu’un.

Beaucoup de gens se plaignent de ne pas se sentir entendus ou que les discussions se transforment en arguments. D’autres n’osent pas aborder un sujet de peur de blesser leurs proches. Quel que soit le cas, ils se sentent tous frustrés et leur problème n’est pas résolu.

La première chose que je fais dans de tels cas est de leur demander ce qu’ils aimeraient dire ; à exprimer leur plainte à moi d’abord. Ce qui est impressionnant, c’est qu’ils commencent presque toujours par

« IL ou ELLE fait ou ne fait pas ceci ou cela et… »

Ils s’énervent tellement en en parlant que j’ai du mal à leur faire entendre ce que j’ai à dire.

D’habitude je leur dis :

« D’accord. D’accord. J’ai compris. Puis-je vous demander de le faire différemment ? »

Je leur demande ensuite de prétendre que je suis la personne à qui ils veulent dire toutes ces choses. Ils détournent généralement le regard et ont du mal à m’adresser la parole comme ils le feraient à la personne qui leur a fait du tort. Cependant, j’insiste qu’ils me regardent dans les yeux et qu’ils commencent à parler en disant exactement ce qu’ils veulent dire à leur partenaire / conjoint / petit ami / frère / ami etc.

Dans presque tous les cas, ils commencent par TU :

« Tu fais ceci et vous ne fais pas cela » etc.

A ce point-là, je dois les arrêter à nouveau et leur poser une série de questions. 

Voici l’exemple le plus récent avec une dame que j’appellerai Jeanne.

MOI : « Qui a la plainte ? Qui est mécontent de la situation ? »

JEANNE : « Moi. »

MOI : « Alors pourquoi commencez-vous chaque phrase par TU ? »

JEANNE : « Parce qu’IL / ELLE est responsable ou à blâmer. »

MOI : « Comment vous sentiriez-vous si quelqu’un venait vous parler et que la première chose qui sortait de sa bouche était une accusation ; que VOUS êtes à blâmer pour quelque chose ? Ne vous sentiriez-vous pas attaquée ? »

JEANN E: « Peut-être … »

MOI : « Dans quelle mesure seriez-vous disposée à vraiment écouter ce que l’autre personne a à dire ? »

(Silence)

MOI : « Lorsque nous nous sentons attaqués, nous sommes plus susceptibles de commencer mentalement à préparer notre défense plutôt que de rester curieux de savoir ce que l’autre personne a à dire. Nous arrêtons d’écouter pour préparer ce que nous allons dire ensuite pour nous en sortir plutôt que d’essayer de résoudre le problème. N’est-ce pas? »

JEANNE : « Je suppose. »

MOI : « Pourquoi ne recommencez-vous pas mais cette fois avec MOI et JE au lieu de TU. Commencez par dire ce que VOUS ressentez ou comment VOUS percevez la situation. »

Je ne peux pas vous dire que ce qui se passe ensuite est facile. Pour la plupart de gens c’est dur d’exprimer honnêtement leur sentiment et de s’abstenir d’accusations. C’est dur aussi de s’avouer leur propre « responsabilité ». Parce que, d’une manière ou d’une autre, ils SONT aussi responsables s’ils laissent la situation se reproduire encore et encore sans rien faire pour l’arrêter. Ils sont également responsables s’ils n’arrivent pas à alerter leur interlocuteur sur ce que leur comportement provoque d’une manière efficace. 

Certes, je ne leur dis pas tout ça. Cela les mettrait en mode défense et il n’y aurait aucun progrès. Au lieu de cela, je leur demande :

« Qu’est-ce qui est le plus important pour vous : blâmer quelqu’un pour la situation ou résoudre le problème ? »

Ce n’est pas facile de dire aux autres ce que nous ressentons. Cela nous rend vulnérables et, pour beaucoup entre nous, vulnérabilité égale faiblesse. Néanmoins, la vulnérabilité est le contraire de la faiblesse. La vulnérabilité fait preuve de force et de courage. Il faut beaucoup de courage et de force pour être authentique car, lorsque nous commençons à le faire, cela ressemble à un acte de foi. Nous ne savons pas ce qui va se passer ensuite. Néanmoins, cela vaut la peine car, peu importe ce qui se passe ensuite, cela nous aide à passer à l’étape suivante. Avec honnêteté et vulnérabilité, nous SAVONS qu’il y a une prochaine étape. L’étape qui brisera le cercle vicieux. On peut enfin avancer que vivre et revivre la même situation. Le problème sera soit résolu à l’amiable, soit nous devrons peut-être avancer dans une direction différente. Nous pourrions avoir besoin de prendre des décisions dures.

Le plus important est que nous agissions, d’une manière douce et vulnérable. 

Donc, même si nous avons appris que le JE représente l’EGO, dans ce cas, l’utilisation du JE est une question d’altruisme !

Photo by Christin Hume on Unsplash

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