“ Ah bon ? ” autrement dit “ Le moine zen et le bébé ”

Cette semaine, je suis de retour avec encore une histoire. Il m’a fallu un certain temps pour la partager avec vous parce que, lorsque je l’ai lu pour la première fois il y a des années, j’étais confuse, frustrée et un peu en colère, Confuse par la réaction du moine, frustré par l’inclination des gens à croire en tout ce qui peut nuire à la réputation de quelqu’un sans enquête (cliquez ici pour le test de Socrates contre les rumeurs) et fâché contre l’injustice (cliquez ici pour savoir comment nous pouvons exploiter la colère à notre avantage). Néanmoins, cela m’est resté. Des années plus tard, j’ai compris sa véritable signification.

C’est la raison pour laquelle j’aime les histoires. Chacun de nous peut tirer une conclusion différente en fonction de qui nous sommes à ce moment particulier de notre voyage. Mieux même, cette conclusion peut changer au fil des années.

J’aimerais vraiment savoir ce que vous pensez de l’histoire et votre conclusion, alors laissez un commentaire.

C’est parti:

Il était une fois un moine zen qui vivait dans une grotte près d’un petit village. Il était très sage, toujours tempéré et humble. Les villageois le respectaient pour sa sagesse et pour la manière dont il menait sa vie, s’abstenant de toute forme de plaisir humain et libre de tout désir. Ils lui ont souvent rendu visite pour lui demander des conseils ou lui demander de résoudre leurs disputes.

Quand une belle fille célibataire du village est tombée enceinte, ses parents; en colère, ont exigé de savoir qui était le père. Par peur que  le vrai père, le beau jeune fils de leur voisin, soit assassiné, elle hésitait à avouer. Lorsque la pression de ses parents est devenue insupportable, elle ne voyait pas d’autre solution que de blamer le moine, car elle était sûre qu’ils ne le tueraient jamais. « Je suis allée chercher du conseil », a-t-elle déclaré, « mais il m’a attaqué et il a imposé sa volonté sur moi ». Les parents ont été scandalisés ! Ils ont informé tout le village et ils sont tous allés dans sa grotte pour le confronter. Lui criant dessus et l’insultant, ils lui ont dit qu’ils savaient ce qu’il avait fait. Ils savaient qu’il avait déshonoré une jeune fille innocente et qu’il en subirait les conséquences. En les entendant, le moine avec son calme habituel a simplement répondu “ Ah bon ? “

Quand l’enfant est né, les parents l’ont amené au moine, qui était devenu un objet de dérision et qui était considéré comme un paria impur par tout le village. Ils lui ont donné le bébé et lui ont dit de s’en occuper puisqu’il était le père. “ Ah bon ? ” dit calmement le moine en prenant le bébé dans ses bras.

Le moine a inondé le bébé d’amour et d’affection. Il s’en est très bien occupé et a assuré que rien ne lui manquait. Il arriva cependant un jour où la jeune fille ne pouvait plus vivre avec le mensonge qu’elle avait raconté. Son bébé lui manquait terriblement et elle se sentait très coupable pour ce qu’elle avait fait. Elle a donc avoué toute la vérité à ses parents. Elle a révélé qui était le vrai père et pourquoi elle avait menti afin de le protéger. Les parents ont été choqués. Ils se sont immédiatement rendus chez le moine pour s’excuser et demander de récupérer le bébé. “Ah bon ? ” dit le moine en leur tendant le bébé calme comme toujours…

Photo by Robin Benad on Unsplash

2 Comments

  1. NADINE ANDRIAN dit :

    Bonjour Evina,
    Ah oui en effet ce texte peut être déroutant quand on n’intègre pas le fait d’accepter ce qui est.
    “Ah bon ?” c’est ce que vous pensez ? c’est ce que vous voulez faire ? c’est ce que vous voulez croire ? mais est-ce bien la réalité ?
    En tout cas, c’est ok. La vie m’amène cela alors j’accepte. Cet enfant est rejeté par leurs parents et grand-parents, je m’en occupe avec amour, c’est comme cela. Pourquoi en faire une tonne ? Les voix de Dieu sont impénétrables, on ne sait pas du tout ce qui va se passer demain, dans un an, dans 10 ans, … mais dans l’instant, on me donne un bébé alors j’en prends soin.
    On a en effet tendance à commenter, à critiquer, à refuser ce qui est. Je n’ai pas demandé cela, je n’ai pas voulu cela, … mais qu’est-ce que j’ai fait au bon Dieu pour mériter cela. On aime aussi analyser et décortiquer une situation sous toutes ses coutures … c’est quoi la cause, les origines, et alors quelles seraient les conséquences possibles ? … etc … on suppose, on parie, on est convaincu de ceci ou de cela suite aux expériences du passé, …. et on s’est bâti des croyances, et qui ne peuvent pas toujours être vraies, ou être valables dans un contexte donné où tous les paramètres ont changé, …, alors on se base sur des faits qui ne tiennent pas la route, on prend des décisions qui ne seront pas forcément judicieuses, …, on se plante, et du coup on a mis en place des peurs d’avoir foiré, d’être rejeté, … on a peur des critiques, des jugements des autres mais aussi de soi-même à nous culpabiliser, … et c’est le cercle vicieux qui nous emporte rapidement sans même qu’on s’en rende compte.
    Alors, j’apprends à accepter ce qui est même si je n’en veux pas (lol), car c’est ce qui est dans l’instant, pourquoi se prendre la tête et après on verra … 🙂
    La vérité un jour surviendra … on comprendra le pourquoi et comment, ou peut-être qu’on ne comprendra jamais non plus puisque la vie est faite de causes et effets, …, c’est tellement complexe que souvent il n’y a pas besoin de s’en prendre la tête à chercher le pourquoi et comment car on ne fera que des suppositions, étant donné qu’on ne connaît pas les tenants et aboutissants de toutes choses sur terre et dans ce monde. On prend ce qu’il y a, on apprécie ou on n’aime pas, mais pour le moment c’est ce qu’il y a et c’est ce qui est. On voit ce qui nous intéresse, ce qu’on peut prendre pour apprendre quelque chose, surtout dans les événements qui nous contrarient, il y a quelque chose à voir et à nous en libérer derrière ces faits. On ose regarder en face nos “démons intérieurs ou plutôt nos enfants intérieurs meurtris et blessés”. Ça demande en effet du courage, car ça fait mal, … mais le fait de nous avouer nos faiblesses et nos vulnérabilités est une magnifique force de libération, … Cela nous rend meilleur et “libre” …Vive la vie !
    Je t’embrasse
    Nadine

    • Evdoxia Stoupi dit :

      Ma chére Nandine,
      Ton analyse ne pourrait pas être plus exacte et tes réflexions sont le “coeur” du lâcher prise. On l’apprend en laissant notre ego du coté et en acceptant ce qui est, comme tu dis.
      J’ai hate de te relire dès que tu as des reflexions à partager. Echanger nous fait du bien à tous.
      Je t’embrasse,
      Evina

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